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25 Nov

Une petite histoire du drapeau d'Israël par Reuven Kashani

Publié par BILLY JACQUES KETA  - Catégories :  #DRAPEAU D'ISRAEL

LA COLOMBE
LA COLOMBE

Dans Nombres I, 52 et II, 34 nous lisons : Les enfants d’Israël se fixeront chacun dans son camp et chacun sous sa bannière selon leurs légions ; et les Lévites camperont autour du Tabernacle, afin que la colère divine ne sévisse point sur la communauté des enfants d’Israël ; Les enfants d’Israël exécutèrent tout ce que l’eternel avait ordonné à Moïse ; ils campaient ainsi par bannières et ils marchaient dans cet ordre, chacun selon sa famille, près de sa maison paternelle.

Avant de mourir, le patriarche Jacob avait enjoint à ses fils de transporter sa dépouille tour à tour, suivant la répartition des tribus d’Israël dans le désert. Dans le midrash cité ci-dessus, Jacob donne ses instructions dans ces termes : Juda, Issakhar et Zébulon transporteront ma bière à partir de l’est, Ruben, Simon et Gad du Sud, Dan, Acher et Naftali du Nord, Benjamin, Ephraïm et Manassé de l’ouest. Joseph ne participera pas. Pourquoi ? Parce qu’il est roi et qu’il mérite des honneurs. Levi non plus. Pourquoi ? Parce qu’en des temps futurs ce sera lui qui transportera l'Arche d’alliance qui contiendra les Tables de la Loi. Si vous vous conformez à mes injonctions et transportez mon cercueil comme indiqué, Dieu vous bénira à l’avenir avec des myriades de bannières. Selon ce midrache, les bannières des tribus étaient de la même couleur que les pierres précieuses du pectoral du Grand-Prêtre Aaron*, qui étaient au nombre de douze et disposées en quatre rangées, à raison de trois pierres par rang.

Les bannières et emblèmes ne sont pas mentionnés dans les sources juives après l’entrée des tribus d’Israël en Terre promise. Dans l’ouvrage Chevet Yehuda, un consul romain du nom de Marcus rapporte les propos d’un témoin qui se trouvait à Jérusalem un jour de Kippour pendant la période du Deuxième Temple : Tous les citoyens de Jérusalem défilaient devant lui [le Grand-Prêtre] avec des flambeaux ardents de cire blanche, ils étaient tous vêtus de blanc, et toutes les fenêtres étaient décorées de broderies et illuminées. Il se peut que ces broderies fussent en réalité des drapeaux.

On trouve mention d’un drapeau dans l’un des manuscrits de la mer Morte : Le jour du couronnement du roi, il faut procéder à la cérémonie suivante : convoquer une parade militaire à laquelle participeront tous les Israélites âgés de 20 à 60 ans portant les bannières de chaque cité d’Israël (Yigal Yadin, The Temple Scroll).

Selon l’encyclopédie hebraica : Pendant l’exil, en l’absence d’armée ou de moyens de défense nationale, il n'y avait pas de place pour un drapeau pour le peuple juif. A la fin du Moyen Age, le droit au drapeau fut octroyé par des souverains à des juifs - individuellement ou collectivement.

Ainsi, en 1354, Charles IV, empereur germanique et roi de Bohème, octroya aux juifs de Prague une bannière de couleur rouge portant une étoile à six branches qui fut appelée plus tard Maguen David (Bouclier de David). En 1592, Mordekhaï Maizel, notable juif de la ville, fut autorisé à hisser sur sa synagogue une bannière du roi David semblable à celle qui se trouvait sur la Grande Synagogue . En 1648, les juifs de Prague obtiennent de nouveau une bannière, en reconnaissance de leur contribution à la défense de la ville contre les envahisseurs suédois : un bouclier de David jaune sur fond rouge avec, en son centre, l’étoile de Suède. En Hongrie, les juifs d'Ofen (Budapest) avaient déjà en 1460 reçu le roi Mathias Corvin avec un drapeau rouge où figuraient deux boucliers de David et deux étoiles.

Le bouclier ou étoile de David est constitué de deux triangles équilatéraux superposés formant six branches. Au fil du temps, cet hexagone est devenu un symbole juif. Savants et commentateurs fournissent de nombreuses raisons à cette symbolique : certains pensent que l’étoile de David reflétait l’ordre des tribus pendant leurs pérégrinations dans le désert et la manière dont elles campèrent autour de la Tente d’assignation après la sortie d’Egypte.

Pour les kabbalistes, le bouclier de David constitue un symbole religieux juif lié à la rédemption, puisque le Messie sera descendant de David. Le prophète Isaïe propose six définitions des honneurs à rendre au Messie, correspondant aux six branches de l’étoile de David : Or un rameau sortira de la souche de Jessé, un rejeton poussera de ses racines. Et sur lui reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse (1) et dintelligence (2), esprit de conseil (3) et de force (4), esprit de science (5) et de crainte de Dieu (6) (Isaïe, XI, 1-2).

En outre, l’étoile de David indique les quatre points cardinaux : le nord, le sud, lest et l’ouest, le paradis au sommet et la terre ici-bas, Dieu régissant l’ensemble. Le bouclier de David est aussi employé comme un talisman, assorti de versets des Psaumes et des noms de certains anges, voire de bénédictions pour le succès des entreprises, la santé, les accouchements, etc.

L’étoile de David a servi aussi de motif décoratif à de nombreux peuples*, faisant son apparition dans un contexte juif dès le VIIe siècle avant J.-C. Pour les autres nations, elle n’était pas investie dune signification religieuse ou nationale, encore qu’ici et là lui étaient attribuées des propriétés magiques. Les juifs en décoraient leurs édifices, leurs pierres tombales, voire la reliure de leurs ouvrages. En 1307, une Bible manuscrite de Rabbi Yossef bar Yehuda ben Marvas de Tolède est décorée d’un bouclier de David. Dans le premier livre de prières - imprimé à Prague en 1512 - figure un bouclier de David sur la couverture. Le colophon de l’ouvrage porte, entre autres mentions, la phrase suivante : Chaque homme sous sa bannière suivant la maison de ses ancêtres... et sera accordé un présent généreux à quiconque étreint le bouclier de David.

Dans la mémoire collective du peuple d’Israël, le bouclier de David symbolise l’espoir en l’avenir, l’étoile qui illuminera les cieux. Selon le penseur juif Franz Rosenzweig (1886-1929), l’étoile à six branches représente la Création, la révélation de Dieu.

A Prague, la synagogue principale, l'Altneuschul, fut érigée au XIVe siècle sur des fondations du XIe. Selon une légende célèbre, elle fut construite au premier siècle de l’ère chrétienne par des exilés dErets-Israël qui avaient pris soin d’emporter avec eux des pierres du Temple de Jérusalem et de les ensevelir sous les fondations dans l’espoir quelles retourneraient à leur emplacement premier à l’avènement du Messie. Une eau-forte de 1829 présente un pilier élevé au centre de cette synagogue, au sommet couronné dune bannière portant un bouclier de David et les inscriptions suivantes : L’eternel est notre Dieu, l’eternel est Un ainsi que Dieu des armées, dont la gloire emplit le monde . C’est la synagogue du célèbre Maharal (acronyme hébraïque de Notre maître le Rav Leib ) de Prague, lune des principales figures du judaïsme médiéval en Europe (1520-1609), autour duquel se tissa la légende du Golem.

David Hareuveni, prédicateur juif itinérant et inspirateur d’un mouvement messianique durant la première moitié du XVIe siècle, et qui se prétendait descendant de l'une des dix tribus perdues installées sur les rives du fleuve Sambatyon*, proposa au pape Clément VII la signature d’un traité entre les pays chrétiens et les descendants des dix tribus perdues, un pacte d’alliance contre les pays d’islam. Il déclara : Et nous partirons, avec laide de Dieu, pour Jérusalem et nous soustrairons toute la terre d’Israël des mains des Ismaélites, car heure du salut approche. Selon des sources contemporaines, David Hareuveni possédait des bannières de soie blanche brodées de lettres d'or et d’argent sur lesquelles figurait le tétragramme et les Dix Commandements. Le roi me questionna sur ces bannières : Vous avez de remarquables drapeaux - qu’entendez-vous en faire ? Je lui répondis qu’ils portaient notre signe parmi les tribus et que si je partais en guerre, je les placerais devant larme. Le cardinal, frère du roi, témoigna d’un grand respect en enquérant également des drapeaux : je lui répondis que ces derniers étaient le signe et le reflet du chemin que je parcourrais avec eux, avec laide de Dieu.

Une autre bannière fut conservée pendant des années à la synagogue Altneuschul de Prague : pendant la Deuxième Guerre mondiale, les nazis la confisquèrent et la placèrent dans leur sinistre musée de la Race morte. En 1990, cette bannière fut exposée au Musée d’Israël. Elle porte les inscriptions suivantes : Juge-moi, mon Dieu, combats avec moi contre le peuple injuste et l'homme inique et menteur, sauve-moi ; Dieu des armées est avec nous, il est notre forteresse, le Dieu de Jacob ; Répands ta colère sur les peuples qui ne te connurent point et sur les royaumes qui n’appelèrent point ton nom.

La menora (chandelier à sept branches), la mezouza (rouleau de parchemin fixé sur le montant des portes dans les maisons juives), le shofar (corne de bélier) et le talith (châle dans lequel le juif se drape quand il prie, dont la forme et la couleur ont inspiré le drapeau du peuple juif), sont autant de symboles nationaux et religieux du judaïsme.

Quand Théodore Herzl, le visionnaire de l'État juif moderne organisa le premier Congrès sioniste à Bâle en 1897, il envisagea le déploiement d'un drapeau officiel pour les représentants du peuple juif réunis pour la circonstance. Dans son ouvrage L'État juif (1896), il écrit à ce propos : Nous n’avons pas de drapeau et nous en avons besoin pour diriger des foules ; il faut que nous puissions brandir un symbole au-dessus de leurs têtes [...] Pour ma part, je pencherais pour un drapeau blanc garni de sept étoiles dorées, le fond blanc symbolisant la nouvelle vie (réservée au peuple juif), les étoiles les sept heures bénies de nos journées de travail ; ainsi les juifs iront vivre dans leur nouveau pays sous des couleurs symbolisant le travail.

Herzl confia la conception du drapeau du peuple juif à son assistant, David Wolfsohn. Dans une lettre au baron Hirsch, il écrit : Sils me demandent avec dérision : c'est quoi, ce drapeau ?, je répondrai qu’un drapeau n’est pas une hampe surmontée dune pièce de tissu ; un drapeau, c’est un objet symbolique et national. Avec un drapeau on peut conduire des gens n’importe où, même en Terre promise.

David Wolfsohn hésita quant à la facture du drapeau, qui devait être prêt pour l’ouverture du Congrès. Sur la requête de notre dirigeant, Herzl, je me rendis à Bâle pour procéder à tous les préparatifs en vue de l’ouverture du premier Congrès. Parmi les nombreux problèmes que j’avais à résoudre, il y en avait un qui, pour n’être pas spécialement ardu me préoccupait beaucoup et renfermait toute la problématique juive. Avec quel drapeau allions-nous décorer la salle du Congrès ? Quelles seraient ses couleurs ? J’eus soudain une illumination : nous avions déjà un drapeau, bleu et blanc, le talith dont nous nous drapons pendant la prière. Ce serait notre emblème ; de châle de prière nous le transformerions en drapeau que nous hisserions devant Israël et les Nations. C’est ainsi que je commandai un drapeau bleu et blanc, avec un bouclier de David en son centre. Ainsi naquit l’étendard du peuple juif.

Au huitième Congrès sioniste, qui se tint à Prague en 1933, une résolution officielle fut adoptée concernant le drapeau : Le drapeau bleu et blanc est celui de l’organisation sioniste et du peuple juif, conformément à une tradition ancestrale.

Des suggestions sur la forme et sur la couleur du drapeau avaient déjà fait l’objet de débats avant Herzl et Wolfsohn. En 1864, L. August Frankel, poète juif qui compta au nombre des fondateurs de l’école Lemel de Jérusalem, était l’auteur d’un poème sur les couleurs de Juda et sur la facture de son drapeau :
... sur une étoffe blanche
ornée de bandes bleues
semblable à la cape du Grand-Prêtre
Voilà les couleurs de la terre des Amants
Bleu et blanc : les confins de Juda
Blanc, couleur rayonnante de la prêtrise
Bleu-ciel qui lui sert de fond.

Traduit par A.M.S.

* Voir larticle Le pectoral du Grand-Prêtre par Ann Swersky dans Ariel no 54, 1983

* Voir Le sceau de Salomon , dans Ariel no 106, 1998

* Voir l'article de Shalva Weil : Au-delà du Sambatyon, le mythe des dix tribus perdues , ARIEL no 85-86, 1991

Source : Ministère des Affaires Etrangères d'Israël

Le drapeau frappé de l’étoile de David (ou sceau de Salomon) avec ses rayures bleu sur fond blanc est aussi le résultat de choix faits il y a plus d’un siècle. Herzl rêvait d’un drapeau blanc rappelant la pureté du projet sioniste avec sept étoiles dorées, le chiffre sept étant en relation avec le projet visionnaire d’un nombre d’heures travaillées par jour, souhaité pour Erets Yitsrael !

La Magen David, la couleur bleue sur fond blanc proviennent d’un poème de 1860 (Frankl) où le blanc est comparé à la radiance de la foi et le bleu à la profondeur du firmament.

Le drapeau dans sa forme actuelle a été hissé pour la première fois à Rishon Létsion en 1885, les auteurs s’inspirant d’un " tallit ", le châle de prière.

L’hexagramme est un symbole universel provenant des profondeurs du temps. Il pourrait représenter aussi bien l’antagonisme feu-eau qu'une alliance entre le Haut et le Bas. Il pourrait représenter aussi la plénitude du chiffre sept, six sommets à l’image des six jours de la création, s'ajoutant au centre qui est l’image du repos du shabat. La Bible fait allusion à une étoile dessinée sur les boucliers des soldats de David, peut-être comme moyen de reconnaissance. Pendant longtemps dans le judaïsme, l'hexagramme est resté discret, car il était considéré comme un dessin magique protecteur, porté sur des amulettes. Ce n’est qu’au 16ème siècle, après l’expulsion d’Espagne et sa diffusion de l’imprimerie, que ce signe commença à désigner le judaïsme, au même titre que la croix désigne le christianisme.

La couleur bleue, appelée " tekhelet " en hébreu, suggère une certaine perfection ainsi que la profondeur des confins de l’univers. Dans l’association bleu-blanc, le bleu fait ressortir la blancheur du blanc qui représente à la fois une confusion des couleurs et, de ce fait, une certaine vacuité devant être remplie par la sainteté

LE DRAPEAU D'ISRAEL
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